Pollution et peau

ORIGINES ET PISTES DE TRAITEMENTS

Pollution atmosphérique : un danger pour la santé de votre peau.

L'action synergique des agents pro-oxydants environnementaux amplifie le vieillissement cutané.

Notre peau est l'interface majeure entre notre corps et l'environnement extérieur. Elle exerce le rôle barrière biologique contre un éventail de produits chimiques et de polluants environnementaux physiques.

Elle est définie comme notre première défense contre l'environnement en raison de son exposition constante aux oxydants, y compris les rayonnements ultraviolet (UV, UVA, UVB), infrarouge (IR), la lumière visible (VL) et d'autres polluants environnementaux tels que les particules fines, les gaz d'échappement diesel et domestiques et les gaz de combustion de combustibles fossiles (fioul, charbon, gazole...), la fumée de cigarette (CS), hydrocarbures halogénés, métaux lourds et ozone (O3)

L'exposition aux agents pro-oxydants environnementaux conduit à la formation d'espèces réactives d'oxygène (ROS) et à la génération de molécules bio actives qui endommagent les cellules de notre peau[1].

En Chine, le nombre des visites à l'hôpital pour des troubles de la peau a augmenté pendant les épisodes de pollution de l'ozone atmosphérique[2]. Une étude clinique récente, a démontré que la pollution aggravait les dermatites atopiques, avec les Particules Ultra fines (PUF ou UFP) qui sont suspectées d'exacerber le phénomène d'inflammation. Chez les femmes de type caucasiennes de plus de 70 ans[3], l'exposition à la pollution corrèle des signes de vieillissement cutané comme les taches brunes et les rides. Bien que les mécanismes des effets de la pollution sur la peau ne soient pas encore bien connus, les différents composants de la pollution ont été étudiés pour comprendre leurs effets très néfastes[4].

Les différents polluants atmosphériques.

On parle de la pollution, mais celle-ci regroupe un grand nombre de composés. On y retrouve des polluants atmosphériques issus des gaz d'échappement (CO, SO2, hydrocarbures), des émissions liées aux combustions (NO2), de l'ozone formé à partir de polluants transformés par les rayons UV. La pollution compte aussi des particules solides plus ou moins fines, de compositions différentes, et dont celles de taille inférieure à 2,5 micromètres sont susceptibles de gagner les alvéoles pulmonaires et des moindres recoins cutanés comme les pores.

Les principales substances polluant l'atmosphère peuvent se répartir schématiquement en deux groupes : les gaz et les particules solides (poussières, fumées). On estime que les gaz représentent 90 % des masses globales de polluants rejetées dans l'air et les particules les 10% restants.

La pollution de l'air est la résultante de multiples facteurs : production d'énergie, agriculture intensive, industries extractives, métallurgiques et chimiques, la circulation routière et aérienne, incinération des ordures ménagères et des déchets industriels, etc. ...

Les polluants de l'atmosphère agissent à différentes échelles : certains composés gazeux sont sans effet localement mais peuvent perturber l'équilibre climatique planétaire, tandis que d'autres sont particulièrement virulents pour la santé au niveau local et régional mais ont une influence très limitée sur l'atmosphère dans son ensemble.

La pollution atmosphérique sévit surtout en milieu urbanisé et dans les zones d'activités, non seulement par suite de la concentration des industries et des foyers domestiques, mais aussi à cause de la circulation des véhicules à moteur. L'étalement des grandes agglomérations a pour corollaire des besoins en transports toujours plus nombreux.

Mentionnons également les feux de végétation tropicale issus de la culture sur brûlis, qui dégagent de la suie, du dioxyde de carbone, du monoxyde de carbone, des hydrocarbures, du monoxyde d'azote et du dioxyde d'azote. Cette pollution reste encore une des plus importantes.

La pollution est donc un phénomène multiple et complexe à appréhender dans sa globalité.

 

Les polluants atmosphériques et leurs impacts sur la peau.

Polluants

Origine

Impacts sur la peau

 

Oxyde d'azote NOx

NOx = NO + NO2

 

Toutes les combustions à hautes températures de combustibles fossiles (charbon, fioul, essence). Le monoxyde d'azote NO rejeté par les pots d'échappement s'oxyde dans l'air et se transforme en dioxyde d'azote NO2 qui est à 90% un polluant secondaire

 

Augmentation de l'apparition des taches pigmentaires

(+10 µm3 -> +25% de taches pigmentaires)

 

Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et composés organiques volatils (COV)

 

 

 

Combustion incomplètes, utilisation de solvants (peintures, colles) et de dégraissants, produits de nettoyage, remplissage de réservoirs automobiles, de citernes...

 

 

 

Cancer de la peau (carcinomes) si contact direct[5]

 

 

 

Ozone (O3)

 

Polluant secondaire, produit dans l'atmosphère sous l'effet du rayonnement solaire par des réactions complexes entre certains polluants primaire (NOx, CO, COV) et principal indicateur de l'intensité de la pollution photochimique

 

Provoque l'apparition des rides

Provoque des inflammations de la peau : la peau est alors irritée et réactive

 

 

 

 

Particules ou poussières en suspension (PM)

 

Combustions industrielles ou domestiques, transport routier diesel et d'origine naturel (volcanismes, éruptions)

 

Classés en fonction de leur taille :

- PM10 diamètre < 10 µm (retenues au niveau du nez et des voies supérieures)

- PM2,5 diamètre < 2,5 µm (pénètrent profondément dans l'appareil respiratoire)

 

 

Peuvent provoquer des irritations et des allergies

 

 

Dioxyde de soufre (SO2)

 

Combustion de combustibles fossiles (fioul, charbon, lignite, gazole...)

La nature émet aussi des produits soufrés

 

Altérations du film hydrolipidique de la peau ce qui provoque l'irritation des muqueuses et de la peau

 

Monoxyde de carbone (CO)

 

 

Combustions incomplètes (gaz, charbon, fioul ou bois) et gaz d'échappement des véhicules

Responsable d'hypoxie tissulaire (carence en apport d'oxygène aux tissus) ce qui ralentit le métabolisme de la peau provoquant :

- Teint terne

- Vieillissement cutané

Sécheresse

 

 

Métaux lourds, plomb, mercure, arsenic, cadmium, nickel

 

 

Proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères mais aussi de certains procédés industriels

 

Attaquent les membranes en les fragilisant.

Baisse l'oxygénation tissulaire.

 

 

Manifestations cliniques de la pollution sur notre peau.

L'exposition à une atmosphère chargée en ozone et en polluants génère un stress oxydatif, avec une flambée de radicaux libres et une réduction du niveau d'antioxydants clés cutanés telles que la vitamine E et la vitamine C[6].

Globalement, les effets d'une exposition à long terme à une pollution intensive se manifeste in vivo par une perte d'éclat, une chute de l'hydratation cutanée, l'éruption de rougeurs ou d'acné et surtout un vieillissement prématuré.

Des études ont démontré que les femmes vivant en zones urbaines arborent sur leur visage des rides plus profondes et des taches pigmentaires en plus grand nombre que les femmes vivant à la campagne[7].

La pollution provoquerait une sursécrétion de sébum[8], rendant la peau plus grasse et sujette aux imperfections, rendant le teint plus terne, provoquant un vieillissement prématuré de la peau avec des rides plus profondes, des taches pigmentaires plus nombreuses et relâchement cutané important[9]. L'effet cocktail des polluants attaquent les membranes de nos cellules cutanées en les rendant plus réactives et sensibles ce qui augmente le risque de développer de l'eczéma, des dermatites ou du psoriasis.

Les solutions pour lutter contre les effets de la pollution.

Le rituel de nettoyage de la peau est un élément essentiel pour garder une peau saine. Le mode de vie urbain a tendance à dérégler les fonctions essentielles de notre peau, à la rendre plus grasse, plus terne et plus facilement sujettes aux imperfections. Tout d'abord, il est crucial de nettoyer la peau en profondeur afin d'éliminer les particules et débris qui se déposent sur notre peau, avant application de tout autres soins.

Ensuite, il faut neutraliser l'action des polluants dans la peau et protéger nos cellules du stress oxydatif.

Chez Alphascience, nous avons travaillé sur des combinaisons d'actifs qui vont agir sur la plupart des polluants, leur action synergique avec les UV et le stress oxydatif:

  • Acide L-ascorbique : limite les dégâts sur l'ADN cellulaire liés aux UV[10]. C'est un puissant antioxydant.
  • Acide phytique : régule les dérégulations du sébum dues à la pollution[11], transforme les métaux en sel inertes[12], neutralise l'effet des HAP, régule la production de mélanine.
  • Acide tannique : chélateur des métaux[13], agit en synergie avec la vitamine C et renforce son activité anti-oxydante en inhibant la réaction de Fenton.[14]
  • Ginkgo biloba : améliore l'irrigation des tissus afin d'améliorer l'éclat du teint, pour compenser les effets du monoxyde de carbone.
  • L'Acide Férulique : répare les dégâts cellulaires liés aux UV et à la pollution[15].

Ces actifs sont également des puissants antioxydants qui agissent en synergie pour neutraliser le stress oxydatif lié à la combinaison des UV et pollution.

Pour aller plus loin, il est nécessaire de mesurer l'impact au niveau cellulaire cutané de la combinaison des UV et de la pollution, ainsi que l'efficacité des actifs. Les équipes scientifiques du laboratoire Alphascience sont en train de mettre au point à une étude clinique inédite sur ces sujets.

L'auteur : Alfred MARCHAL, docteur en chimie organique et MBA, est un expert international reconnu dans le domaine des antioxydants et de la médecine esthétique. Il possède une expérience universitaire de 35 ans en R & D dans les domaines de la synthèse organique pharmaceutique et des produits phytopharmaceutiques. Il rédigea des articles majeurs sur ses découvertes sur la vitamine C, vitamine K et acide hyaluronique. Il dirige le département de recherche ALPHASCIENCE et est membre du conseil d'administration de sociétés pharmaceutiques.

Bibliography:

  1. Jérémie Soeur*, J-P. Belaïdi, C. Chollet, L. Denat, A. Dimitrov, C. Jones, P. Perez, M. Zanini, O. Zobiri, S. Mezzache, D. Erdmann, G. Lereaux, J. Eilstein, L. Marrot. Photo-pollution stress in skin: Traces of pollutants (PAH and particulate matter) impair redox homeostasis in keratinocytes exposed to UVA1. Journal of Dermatological Science 86 (2017) 162-169.
  2. Jean Krutmann, M.D., Anne Bouloc, M.D., Ph.D., Gabrielle Sore, Ph.D., Bruno A. Bernard, Ph.D. The skin aging exposome. Journal of Dermatological Science 85 (2017) 152–161
  3. Frederic Flament, Roland Bazin, Sabine Laquieze, Virginie Rubert, Elisa Simonpietri, Bertrand Piot, Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology 2013 :6 221–232
  4. Jean Krutmann, M.D., Anne Bouloc, M.D., Ph.D., Gabrielle Sore, Ph.D., Bruno A. Bernard, Ph.D.The skin aging exposome. Journal of Dermatological Science 85 (2017) 152–161
  5. www.thelancet.com/oncology Vol 10 December 2009
  6. Jean Krutmann, M.D., Anne Bouloc, M.D., Ph.D., Gabrielle Sore, Ph.D., Bruno
  7. A. Bernard, Ph.D. The skin aging exposome. Journal of Dermatological Science 85 (2017) 152–161
  8. Jean Krutmann, M.D., Anne Bouloc, M.D., Ph.D., Gabrielle Sore, Ph.D., Bruno A. Bernard, Ph.D. The skin aging exposome. Journal of Dermatological Science 85 (2017) 152–161
  9. Jean Krutmann, Dominique Moyal, Wei Liu, Sanjiv Kandahari, Geun-Soo Lee, Noppakun Nopadon, Leihong Flora Xiang, Sophie Seité, Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology 2017 :10 199–204
  10. Pollution as a Risk Factor for the Development of Melasma and Other Skin Disorders of Facial Hyperpigmentation ‐ Is There a Case to Be Made? Journal of Drug in Dermatology. April 2015. Wendy E. Roberts MD FAAD
  11. Stimulation of collagen gene expression by ascorbic acid in cultured human fibroblasts. A role for lipid peroxidation? M Chojkier, K Houglum, J Solis-Herruzo and D A Brenner Dr Zhong, Soongsil University
  12. Phytic Acid Protective Effect Against Beef Round Muscle Lipid Peroxidation. BEOM JUN LEE, DELOY G. HENDRICKS
  13. Rice-Evans, 1995 and Liyana-Pathirana and Shahidi, 2006
  14. Rice-Evans,1995andLiyana-PathiranaandShahidi,2006
  15. Hyung Jin Hahn, Ki Bbeum Kim1, Seunghee Bae, Byung Gon Choi, Sungkwan An, Kyu Joong Ahn, Su Young Kim. Pretreatment of Ferulic Acid protects human dermal fibroblasts against ultraviolet a irridation. Ann Dermatol, Vol.28, No. 6, 2016.
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